Pousser le pain précuit
"80 % de la croissance sont le fait de produits qui n'existaient pas il y a cinq ans insiste Sophie Dautet, responsable du marketing de Pains Jacquet. 11 % du chiffre d'affaires 2007 sont imputables a des produits de moins de 3 ans d'âge. Il ne s'agit pas de nier la part prise par les produits d'enseignes, mais nous constatons qu'elle s'opère majoritairement sur les segments en voie de banalisation."
Autrement dit les marques nationales, et personne d'autre, tiennent désormais les rênes des croissances à venir. Le pain précuit est l'un de ces axes, avec un effet d'accélération net observé en 2007.
ll est imputable , pour une part mécanique à l'extension des assortiments (pains de campagne, minipains, tartine ), et , pour une autre part, à la capacite propre a cette offre à capter " une cible moins caricaturale que sur le pain de mie ", selon Frederic Valette "Le précuit est l'occasion d'associer l'image du savoir faire artisanal et des valeurs de service attendues par les consommateurs, estime Aline Jeannin, chef de produits chez Pain Concept (La Boulangère). Ce segment présente encore de belles opportunités. " L'actualité 2008, notamment du côté des minipains, le confirmera.
Intéressante aussi, car concernant le coeur du rayon panification, une offre typée plaisir-équilibre émerge sur le pain de mie. Harry's et Jacquet sont aux avant postes avec le triptyque texture-goût-nutrition comme argument numéro un, et très tendance. Ce concept novateur atteste que les marques, quoi que semblent montrer les chiffres du moment, sont encore a même de faire bouger ce marché. Et vers le haut, cette fois.
GUY LERAY
